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Panel sur le Tourou Mbossé : valoriser l’héritage immatériel de Kaolack
Kaolack – Le Centre culturel régional a abrité un panel inédit autour du rituel Tourou Mbossé, véritable marqueur identitaire de la région. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des activités préparatoires à la journée dédiée à ce patrimoine immatériel, prévue ce lundi 4 août 2025.
C’est Diouma Seck Ndao, directrice du centre culturel régional de Kaolack, qui a ouvert les travaux du panel. Elle a rappelé l’importance du Tourou Mbossé en tant que levier de cohésion sociale et de transmission des valeurs ancestrales.
« Aujourd’hui, nous avons tenu un panel sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en prenant l’exemple du Tourou Mbossé, un rituel emblématique de Kaolack. C’est un moment fort de communion, porteur d’histoire et de mémoire « , a-t-elle déclaré.
Selon elle, cette tradition mérite d’être mieux valorisée, au même titre que d’autres mythes fondateurs de la région, notamment ceux de Kahone, Nioro et Guinguinéo, trois localités couvertes par le centre culturel régional.
Au cœur du rituel se trouve la figure de Mame Mbossé, considérée comme le totem protecteur de Kaolack. Un symbole fort que les organisateurs tiennent à faire connaître et respecter.
» Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est un legs de nos ancêtres. Il est de notre devoir de perpétuer cette mémoire et de transmettre à la jeune génération ce que représente Mame Mbossé pour notre ville « , a insisté Diouma Seck Ndao.
Arame Sall, membre du comité d’organisation, a donné un aperçu du programme de ce lundi 4 août. Une journée qui s’annonce riche en spiritualité et en symboles : » Nous allons démarrer la journée par un récital du Coran (Kamil), suivi de prières dédiées à des figures marquantes comme le père de Diouma, le commissaire Samba Ndiaye de Latmingué, ou encore notre maman Adji Marie Diané. Ensuite, nous partagerons des repas copieux avant de nous rendre à la mer, vers 16 heures, pour accomplir les rituels. »
Elle a tenu à rappeler que certaines règles strictes entourent le rituel : pas de vêtements rouges, ni d’accessoires rouges, pas de sang ni de viande, en signe de respect et de purification.
Au fil des ans, le Tourou Mbossé a su dépasser les frontières locales pour s’inscrire dans une dynamique internationale.
» Cette célébration concerne tous les fils et filles de Kaolack, d’ici et de la diaspora. C’est une partie de notre identité que nous devons continuer à faire vivre « , a souligné Arame Sall.
En réactivant ce rituel chaque année, les organisateurs souhaitent faire dialoguer la tradition et la modernité, tout en renforçant le sentiment d’appartenance à la communauté kaolackoise.
Le Tourou Mbossé n’est pas seulement un rituel. C’est une parole transmise, une spiritualité partagée, un fil invisible qui relie les générations autour d’une mémoire vivante.